Question d’Anne :
Je vous remercie pour votre article « L’enfant et la mort » et vous adresse une question sur la mort mais dans un contexte différent.
J’ai un petit garçon de 7 ans qui, après avoir été très obéissant se met à refuser les règles et à déployer beaucoup d’agressivité et d’impulsivité. A la suite d’une lourde punition, il menace régulièrement de se tuer, en disant que la vie est nulle. Je tiens à dire que nous sommes une famille très unie, sans aucun problème. Est ce qu’un enfant de cet âge peut passer à l’acte ? Bien sûr à chaque fois qu’il parle de ça, je n’entre pas dans sa menace mais je lui explique toujours après que je l’aime et serai très triste s’il n’était plus là. Merci de me donner votre avis.
Ma réponse :
Le fait qu’un petit garçon de 7 ans fasse preuve d’impulsivité est non seulement parfaitement normal mais sain, votre enfant est “vivant”, il n’est pas déjà « soumis et dressé ». Ce n’est pas pour autant que vous devez tolérer qu’il fasse la loi à la maison…
Ne pas tolérer qu’il fasse la loi ne passe pas nécessairement par une « lourde punition » qu’il risque d’interpréter négativement contre lui-même en confondant son comportement avec “ce qu’il est”. Sans doute y a-t-il une relation entre sa menace de se tuer et cette punition qu’il a vécue comme injuste. Je ne sais pas si un enfant de cet âge peut passer à l’acte, mais je suis persuadé que ce ne doit pas être la seule crainte que votre enfant ne se tue qui doit vous motiver à communiquer mieux avec lui. En lui expliquant que vous seriez très triste s’il n’était plus là, j’ai l’impression que vous ne lui dites pas la « vérité » par rapport à ce qui s’est passé (et que j’ignore puisque vous ne l’écrivez pas.)
Tant mieux si vous êtes une famille sans problème et puisque vous vous dites très unis, vous serait-il possible de lui dire clairement que vous vous êtes trompée en le punissant aussi lourdement, que vous avez donc compris que vous avez été injuste avec lui ? Car quand un enfant ne fait pas le lien entre ce qu’il a fait et la punition qu’on lui a infligée, il vit toujours une injustice (et il ne suffit pas de lui dire qu’il y a un lien pour qu’il le ressente !)
En lui disant quelque chose comme « Tu vois, l’autre jour, quand je t’ai puni lourdement, j’y suis allé fort et je me suis trompé, mais là, maintenant, j’essaye de réparer mon erreur », c’est-à-dire en lui parlant honnêtement, je présume que votre petit garçon turbulent retrouvera sa joie de vivre antérieure. En tout cas pourquoi ne pas parler “vrai” à son enfant qu’on aime ?
© 2009 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.
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Ma formation première est celle d’un philosophe. Il est possible que les idées émises dans ces articles vous apparaissent osées ou déconcertantes. Le travail de connaissance de soi devant passer par votre propre expérience, je ne vous invite pas à croire ces idées parce qu’elles sont écrites, mais à vérifier par vous-même si ce qui est écrit (et que peut-être vous découvrez) est vrai ou non pour vous, afin de vous permettre d’en tirer vos propres conclusions (et peut-être de vous en servir pour mettre en doute certaines de vos anciennes certitudes.)