Je m’aperçois de plus en plus fréquemment que la plupart des personnes n’ont aucune idée des causes par lesquelles elles pensent, désirent et veulent. Elles sont inconscientes du principe de causalité qui dit qu’il n’y a pas d’effet sans cause et que la cause est nécessairement antérieure à l’effet.
Ces personnes ne semblent par exemple pas voir le lien qui existe entre la relation à la première femme (ou le premier homme) qu’elles ont rencontrée – généralement leur mère (ou leur père) – et leurs comportements émotionnels vis-à-vis des femmes ou des hommes dans le cours de leur existence.
Elles croient être libres de leur passé et ne se doutent pas à quel point la manière dont elles ont vécu leur histoire les détermine. Elles pensent même parfois bien se connaître quand elles ne connaissent que leurs tendances et leurs goûts (elles savent qu’elles préfèrent la montagne à la mer ou le poisson à la viande) sans jamais avoir réfléchi à ce qui a été à l’origine de ces tendances ou de ces goûts, et ne réalisent donc pas à quel point leur connaissance d’elles-mêmes est superficielle.
Elles cherchent parfois à ne plus reproduire certains de leurs comportements, en prenant de « bonnes résolutions » qu’elles ne parviennent évidemment pas à tenir comme par exemple de ne plus s’énerver au volant ou de ne plus accepter de faire plus que leur part au travail. Elles s’en veulent ensuite pendant un temps, oublient et réessaient un peu plus tard, toujours sans aucun succès, ce qui ne fait que les conforter dans l’idée (fausse) qu’elles sont nulles, incapables, pas fiables…
Swami Prajnânpad précise : « Ce sont les expériences de la satisfaction et de la frustration que vous avez vécues dans votre petite enfance qui établissent les bases de vos dispositions mentales ; et ces dispositions mentales restent les mêmes tout le long de la vie. »
Ainsi, si vos parents vous ont répété, toute votre enfance, que tout irait mieux en France s’il y avait moins de noirs, de juifs ou d’arabes, il y a des chances pour que vous ayez des réflexes racistes, une fois devenu adulte.
Si vous avez souffert, enfant, d’une relation à un père bigot et manipulateur, ou que vous avez fait vos études dans un collège régenté par des religieuses à l’esprit étroit, vous vous méfierez de tout ce qui a une « odeur » de religion et même de recherche spirituelle.
Et si vous avez, très jeune, compensé le manque d’amour de vos parents en mangeant des desserts sucrés, vous risquez fort d’être « accro » aux sucreries et de ne pas pouvoir vous en passer.
Mais alors comment s’y prendre pour ne plus être éternellement et inconsciemment le jouet de ses mêmes dispositions mentales ? S’observer consciemment sans se juger, en posant sur soi-même un regard neutre, car comme le dit Arnaud Desjardins : « Quelles que soient les circonstances, vous pouvez vous exercer à voir et à reconnaître objectivement ce qu’il y a de plus subjectif en vous. »
Cela dit, ce travail de connaissance de soi demandera du temps, du courage et beaucoup de détermination.
© 2014 Renaud & Hélène PERRONNET Tous droits réservés.
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Avertissement aux lectrices et aux lecteurs :
Ma formation première est celle d’un philosophe. Il est possible que les idées émises dans ces articles vous apparaissent osées ou déconcertantes. Le travail de connaissance de soi devant passer par votre propre expérience, je ne vous invite pas à croire ces idées parce qu’elles sont écrites, mais à vérifier par vous-même si ce qui est écrit (et que peut-être vous découvrez) est vrai ou non pour vous, afin de vous permettre d’en tirer vos propres conclusions (et peut-être de vous en servir pour mettre en doute certaines de vos anciennes certitudes.)